Vendredi Saint à l’Abbatiale

« Bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel », nous dit la lettre aux Hébreux.

La mort du Christ est l’acte d’amour du Christ qui va jusqu’au bout du don de soi, lui qui avait dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. C’est précisément ce qu’il a fait : il a aimé au point d’en mourir, car sa mort n’est pas une mise à mort, « ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne » (Jn 10,18), mais un don extrême et suprême de soi. Il devient souverain dans sa mort. Il prend possession de son trône, lequel est la Croix. De là, il attire les hommes à lui. Il instaure son Royaume dans sa propre mort, lui qui avait dit au bon larron ce jour-ci, quelques minutes avant de mourrir : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans la paradis » (Lc 23,43). Désormais, la mort, le péché, qui est en est la cause, sont détruits dans sa propre mort. Le Christ est victorieux, là où personne ne l’attendait.

Abbé Thierry Delumeau.

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